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Rencontre avec Florimond

Je commence ce recit en remerciant mon petit bonhomme Florimond. Il a géré sa naissance comme  un pro, me guidant et me donnant les points de repères dont je doutais.

Cette naissance a été préparé suite à l’expérience vécue lors de la naissance de sa soeur. Je ne nie pas ce 2e accouchement qui a été aussi magique par cette naissance dans l’eau. Toutefois, lors de cette 3e grossesse, je me suis rendue comptte que la rapidité et la perte de ma bulle de protection m’avait énormément marquée inconsciemment.

Je ne voulais ici pas renouveler le fait d’arriver à la maternité et d’avoir de suite bébé dans les bras sans l’avoir senti arriver avant.

Revenons en ce mois de juillet 2009 où notre petit 3e va pointer son petit bout de nez.

Début juillet, le 5, par une belle journée comme cela faisait longtemps que nous n’en avions  pas eu à cette époque, nous sommes allées à deux festivités. Un peu trop pour moi et le soir même, de fortes contractions commencent à me donner des signaux. Je n’avais jamais eu cette expérience de contractions avant le jour J et là, la force m’a un peu inquiété. Comment faire le jour J si les contractions aussi fortes durent ? J’essaye de les freiner en me disant au fond de moi que ce n’en est pas mais Thomas a eu le mot juste “laisse toi ouvrir, fais toi tes prolongements pour les faire passer”. Pour moi cela signifiait que j’acceptais la venue de ce bébé là maintenant. Etais-je prête consciemment ? J’ai écouté Thomas et laissé mon corps s’ouvrir. Et c’était vraiment cela, à chaque contraction, c’était comme la porte qui s’ouvrait et cela faisait du bien.

Le jeudi 9, j’ai ma consultation de la 38e semaine. Pendant le monito, Anne, la SF qui me suit, regarde mon projet de naissance et nous discutons des points importants à rappeler à l’équipe qui sera présente. Puis, je lui demande de regarder le col (moi qui suis réfractaire, j’ai besoin de savoir si les fortes contractions ont fait avancer le travail). Ouvert à 3 cm. Waouh je n’en reviens pas. Cela veut dire aussi que P’titPou fait sa part de travail et qu’il commence aussi son chemin.

Et là c’est l’attente un peu angoissée. Avec des contractions si fortes, quand je saurais que ce sont les contractions définitives ? Je dois faire confiance à mon corps et surtout à P’titPou car c’est lui qui m’a donné la solution.

Pendant la nuit du 15-16 juillet, comme d’habitude, je me lève à 1h44 (précis non ?) car mes jambes m’empêchent de dormir, mon esprit aussi, et bébé bouge. Je reste en bas à lire jusque hum je pense 3h44. Souvent, j’ai des contractions comme chaque nuit quand je suis réveillée. Je retourne me coucher. Je dors ou somnole (je n’avais pas l’impression d’avoir eu un sommeil très profond) jusqu’au moment où à nouveau je ressens les contractions. Je ne regarde pas l’heure car le réveil est en hauteur et pas visible. Je ne veux pas me redresser. Mais 1, 2, 3 contractions qui me semblent bien régulières. Je me lève à 5h44 (oui toujours ce 44 qui me marque) pour aller sur le ballon (le conseil d’Anne à défaut du bain). Et là, en le rejoignant, je ressens du liquide entre les jambes. J’ai juste le temps de mettre une serviette sur le ballon et de m’asseoir. Je ne sais pas si c’est un pipi du aux contractions ou la perte des eaux. A 5h50, Alianore pleure, Thomas se lève sans voir que je suis sur le ballon. La petite se rendort assez vite. Thomas revient dans la chambre, me voit et demande ce qu’il se passe. Je lui explique et lui comme moi, nous en venons à la conclusion que c’est le jour J. Nous sommes fébriles. Je tente une descente à la toilette mais je fais vite demi-tour vers la douche car ça coule coule. Je me prends une douche, je m’habille, mets mon collier de naissance et je descends avec le ballon. Thoma s’habille aussi et se prépare un thé. Pendant ce temps je gère les contractions, Thomas m’aidant dans les prolongements sur le sacrum (ce que je supporte le mieux car j’ai mal en bas du dos). Nous cherchons à joindre Fabrice (le parrain d’Alianore) mais il ne répond pas. Nous joignons Chloé pour voir si elle peut venir. Le temps d’attente pour la gestion des filles est un peu stressant. Je suis cependant rassurée car à 6h, j’ai plus de chance d’avoir quelqu’un. Entre temps, je mets mon ipod en route et le poème de Nathalie remplit ma tête. Je me mets en condition.

Entre chaque contraction, Thomas met les affaires dans la voiture. En attendant Chloé, je monte dire au revoir aux filles et leur dire que bébé va arriver aujourd’hui. Honorine ouvre un oeil, je pense qu’elle commence comprendre mais je n’insiste pas pour la réveiller. Un dernier bisou et je descends. Chloé est là. Nous partons, il est 6H50. Nous arrivons aux urgences. Je suis conduite en fauteuil (il valait mieux vu les fuites). C’était assez folklo et rigolo, j’ai éclaté de rire.

A la maternité, examen du col. Déjà 7cm d’ouverture, fissure de la poche. Ok voilà encore une naissance rapide, comme je le craignais. La SF veut me faire un monito. Je m’insurge pour être menée directement en salle de naissance expliquant que la dernière fois, c’était 6cm et une naissance ¾ d’heure après. Pendant ce temps, Thomas est redescendue garer la voiture et prendre les sacs. Je vais dans la salle Terre (celle d’Honorine). J’ai aussi demandé à ce qu’on appelle Danièle, ma Sf qui me suit en hapto, mais impossible de la joindre. Dominique, la SF qui nous guidera me prend en charge. Je branche mon ipod. La voix de Nathalie, le poids du collier me détendent. Difficile à expliquer mais je sens un fluide me traverser (d’ailleurs, Patricia, la 2e SF a été subjuguée par ce poème).

Je me prolonge accrochée à la table, debout. Puis, je m’installe sur le ballon, accrochée à une écharpe de portage. J’explique entre deux contractions que je ne souhaite pas grimper sur la table pour la naissance. Je veux qu’elle se fasse sur le sol, dans la position qui me conviendra. Thomas m’aide dans les prolongements sur le dos. Il n’y a que cela qui me soulage. J’ai du mal à reprendre, les contractions sont longues, je trouve. Mais je sais que la fin est bien là.

Thomas explique à Dominique qu’il souhaite faire une naissance à 4 mains. Pas de problème pour elle mais pour le gynéologue de garde. Je demande alors à avoir le mien. Ils essayent de l’appeler. J’en ai marre du ballon.Je veux me mettre à 4 pattes. Je ne trouve pas ma position. Mes genoux glissent pendant les contractions et le prolongement du sacrum vers l’arrière. Ils installent un matelas au sol (Thomas croyait qu’ils installait la table pour que je grimpe, il n’a pas été tendre avec les SF 😉 ). Ils veulent aussi me mettre une voie d’entrée car avec une 3e grossesse risque d’hémorragie. Mais impossible à mettre, les contractions se succèdent et je veux pousser. Je suis à 4 pattes, une contraction, je pousse et là une flaque d’eau.

Thomas est derrière avec Dominique. Ils me guident à chaque poussée pour que je n’aille pas trop fort. Je sens la tête, ça brûle. Je veux pousser. Une force est là qui veut passer mais je dois faire cela calmement en suivant bébé. Je reprends mon souffle et la fois suivante, je vais plus lentement, je sens la tête qui passe. C’est Thomas qui l’aide à sortir. Et ainsi de  suite jusqu’à la sortie du bassin. Et à chaque passage, c’était pour moi, un bouleversement et un soulagement. Le soulagement du poids qui passe. C’était beau, magique. Je reprends alors mon souffle et me retourne. En dessous de moi, j’ai une flaque d’eau. Je ne peux pas m’asseoir. Thomas tient le bébé dans ses bras. Ils coupent le cordon quand il cesse de battre. Je regarde notre bébé. Il a de grosses lèvre. Thomas écarte ses mains qui cachent son sexe. “Bonjour Florimond”. Pas de surprise, je m’y attendais depuis le 5e mois où je coinçais pour le prénom de la fille. Les SF m’aident à monter cette fois sur la table pour la sortie du placenta. Je reçois une dose de syntocyton. J’aurais dû leur demander d’attendre 5 mn pour que le placenta sorte tout seul (ce qu’il a fait dans la seconde de la piqure, je n’en avais donc pas besoin). Mais bon tant pis, difficile de revenir en arrière. Et puis, pas de déchirures. Tout cela grâce au travail de maître de Florimond, Thomas et moi. C’est aussi un soulagement.
Thomas me dépose Florimond contre moi. Entre temps, Danielle notre SF est là. C’est elle qui nous prend en charge pour la suite. Elle nous guide sur la manière de le positionner. Florimond recherche le sein qu’il prend comme un pro. Il est tout collant de vernix. Cela fait bizarre aux doigts. Au fur et à mesure que les minutes passent, sa peau rougit, ses traits s’adoucissent, le vernix penètre dans la peau; Sa peau est grasse et douce. Il a du duvet sur les tempes. Il est foncé de cheveux comme sa grande soeur. Ses lèvres sont moins grosses.

Il est trop beau notre fils. Nous restons en peau à peau au moins facilement une heure dans la salle. Le temps de préparer le lit de la chambre. Puis direction la chambre; Thomas, le torse nu, son fils contre lui part en avant. Ce qui lui a valu une plaisanterie de notre part à Danielle et moi “et voilà, il a son fils, sa femme ne compte plus”. Je pense qu’il est fier d’avoir pu le sortir.
La naissance a été rapide, mais lancée dans mon élan et dans ma bulle, je ne m’en suis pas rendu compte. J’ai cru que j’avais mis plus de temps. Je n’ai pas eu cette sensation d’irréalité d’avec Alianore où pendant plusieurs heures, je n’en revenais pas qu’elle était là. Ici, j’ai dégusté le peau à peau qui a continué jusqu’au milieu de l’après midi, au bonheur des filles qui ont pu le découvrir sous toutes les coutures.

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