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Ombres et Lumières

ombreetlumiere

Edition Archipel 2010

Résumé

Mars 1661. Accusé de sorcellerie, le comte Joffrey de Peyrac a péri sur le bûcher. En quelques heures, Angélique a tout perdu : son mari, sa fortune, son nom et ses enfants. Seule, abandonnée de tous, condamnée à se cacher, la « Marquise des Anges » trouve refuge au sein de la Cour des Miracles.

Citations

Extraits de texte utilisé pour une étude de fin d’année.

La Voisin

p 48

A la Voisin, on demandait le philtre magique qui enchaîne le coeur, la drogue aphrodisiaque qui entraîne les sens.

Avorteuse, empoisonneuse, sorcière, la Voisin était tout cela.

Un certain Jean Pourri vendait beaucoup de bébés à la Voisin pour les sacrifices.

Cour des Miracles

p 50

Jean Pourri était un marchand d’enfants. Quelque part du côté du faubourg Saint-Denis, dans le fief du grand Coësre, il y avait une grande masure de boue dans les plus endurcis ne parlaient qu’en baissant la voix. Jour et nuit s’en élevaient les pleurs des innocents martyrisés. Enfants trouvés, enfants volés s’entassaient là.

Les poisons

p 48

Précipitée dans le bas-fonds de la cour des Miracles par un procès de fausse sorcellerie, Angélique découvrait, par les récits de Barcarole, la vraie sorcellerie.

Le roi et monarchie absolu

Chapitre 3

Louis XIV : « Pas de Premier ministre… Pas de favori tout puissant… L’Etat c’est moi, messieurs. »

P122-123

Parlant de l’arrestation de Fouquet :

L’affaire, une fois de plus, portait le sceau du royal élève de Mazarin. Elle n’était pas sans analogie avec l’arrestation un an auparavant, d’un grand vassal toulousain, le comte de Peyrac, lequel avait été brulé comme sorcier en place de Grève. (…) Non, personne ne reconnaissait encore, dans cette seconde arrestation, plus spectaculaire et foudroyante que la première, la même main autoritaire ou les mêmes causes secrètes…

La Bretagne ne se révolterait pas pour Fouquet, comme le Languedoc s’était révolté pour l’autre, cet homme étrange qu’il avait fallu faire bruler vif en place de Grève.

Desgrez

p 359

Desgrez :

« J’ai vendu ma charge d’avocat, ayant au surplus été rayé de l’Université. Cependant, je l’ai vendue fort bien et j’ai pu racheter une charge de capitaine exempt, en vertu de laquelle je me dévoue à une tâche plus lucrative et non moins utile : la poursuite des malfaiteurs et des malintentionnés de cette ville. »

Pauvreté

p 11

Vieux et vieilles, infirmes, aveugles, qui se contentent de peu, d’un trou de pierre où l’eau goutte, d’un bout d’escalier, d’une ancienne niche à statue ou leurs espingoles bourrés.

pp 14-16

Monde maudit: des enfants qui ne ressemblaient plus à des enfants, des femmes qui se donnaient aux hommes à même la paille du carrelage, des vieux et des vieilles aux yeux vagues de chiens perdus.

La misère n’est insoutenable que lorsqu’elle n’est pas totale et pour ceux qui peuvent comparer. Or ces gens de la Cour des Miracles n’avaient ni passé ni avenir auquel comparer leur présent.

p 55

« — Nicolas dit qu’on ne peut jamais échapper à la matterie.

— Pour ceux qui n’ont plus rien à sauver, oui. C’est le marécage où ils vont s’enliser et mourir. Sinon de faim, au moins d’incompétence à vivre. Mais pour d’autres, c’est le bas-fond, la cave tout en bas, la cache où leurs ennemis ne peuvent avoir l’idée de les chercher.

— Qui peut avoir l’idée de se cacher parmi tant d’horreurs ?

— Toi par exemple. »

Peine de mort

p 52

Surtout lorsqu’au bout de la route ne vous attend que la mort, solitaire; dans les roseaux d’une berge, ou pire encore la torture dans les prisons, ou pire encore la torture dans les prisons du Châtelet, la torture qui fait éclater les nerfs et saillir les yeux, et la potence en place de Grèes, la potence pour finir, l’abbaye de Mont-à-Regret comme on l’appelle au royaume de Thunes.

Chocolat

p 230

Cent grains de cacao, deux grains de chili ou poivre du Mexique, une poignée d’anis, six roses d’Alexandrie, une gousse de campêche, deux drachmes de cannelles, douze amandes, douze noisettes et un demi-pain de sucre.

p 208

Il assura que son père, grand voyageur dans son jeune temps, avait goûté le chocolat des différents pays étrangers où on le fabriquait avec des graines importées du Mexique. Ainsi en Espagne, en Italie, et jusqu’en Pologne, il avait pu se persuader de l’excellence du nouveau produit, qui était de goût agréable et possédait d’excellentes qualités thérapeutiques.

[…] On dit que la reine, qui est espagnole, en raffole. Mais précisément la cour entière est gênée de ce goût bizarre et se moque d’elle.

« – C’est parce que les gens de la cour n’ont pas l’habitude du chocolat, affirma non sans logique l’apprenti cuisinier. Mon père le pensait aussi, et il a obtenu une lettre patente du roi pour faire connaître ce nouveau produit. Mais hélas ! il est mort et, comme ma mère était morte déjà, il n’y a plus que moi pour utiliser la lettre patente. Je ne sais pas comment m’y prendre. Aussi je n’en ai pas parlé à mon oncle. J’ai peur qu’il se moque de moi et de mon père. Il répète à tout propos que mon père était fou. »

[…]

« – Du 28 mai 1659, et l’autorisation est valable pour vingt-neuf ans.

– En somme, pendant vingt-neuf ans tu as l’autorisation de fabriquer et de mettre dans le commerce ce produit exotique ? »

p 210

« – Moi, fit David, je trouve ça plutôt douceâtre. Encore, quand on y met du poivre et du piment, ça corse un peu. Mais, pour ma part, je préfère un bon verre de vin, ajouta-t-il en affectant un air gaillard. »

Corporations

p 206

Maitre Bourjus :

« Mais je ne suis pas traiteur ! […] Je suis rôtisseur. Tu veux me faire poursuivre par les corporations des queux-cuisiniers-porte-chappe et des pâtissiers ? […] Les jurés de ces corporations vont m’intenter un procès, me traîner en justice. Bref, tu veux me ruiner ! »

p 268

– Mais, pour la rôtisserie, nous venons déjà de renouveler l’acquittement de la charge de rôtisseur, de cuisinier, enfin de traiteur !

– Si tout marche bien pour vous, vous aurez le privilège de payer deux patentes supplémentaires : une à la corporation de l’épicerie, l’autre à celle de la limonaderie. […] Nous ne parlerons pas des taxes royales correspondantes, ni de celles des jurés visiteurs, ni des mesureurs contrôleurs du poids et de la qualité […] Ce produit étant une marchandise, toutes les corporations dont il relève doivent en avoir le contrôle… et leur part de bénéfice. Puisque votre chocolat est, dites-vous, une boisson épicée, vous devez avoir chez vous un maître épicier et aussi un maître limonadier, vous devez les rémunérer largement, les loger, payer le prix de la maîtrise du noyau fonds de commerce vis-à-vis de chacune des corporations. […] Ce qui veut dire qu’en entrant dans la corporation, vous vous engagez, par cela même, à admettre aussi que votre nouveau produit puisse être mis en vente chez tous vos confrères épiciers et limonadiers.

– Nous devons faire tous les frais, engager de nouveaux maîtres avec leur marmaille, faire la réclame, essuyer les plâtres comme on dit, et ensuite, ou bien nous nous ruinons, ou bien nous partageons le bénéfice de nos efforts et de notre secret avec ceux qui n’auront rien fait pour nous aider?

– A chaque nouvelle guerre, victoire ou naissance royale ou même princière, on nous fait racheter une nouvelle fois nos privilèges durement acquis. Et, au surplus, le roi nous ruine en fabriquant à chaque occasion, ou même sans occasion, de nouvelles maîtrises ou charges.

Audiger

p 259

Audiger avait une trentaine d’années. Son léger embonpoint ne nuisait pas à sa belle taille. Comme tous les officiers de bouche au service d’un grand seigneur, il portait l’épée et était aussi bien mis que son maître.

Il raconta que ses parents étaient des petits-bourgeois de province assez aisés, qui lui avaient permis de faire quelques études. Il avait acheté une charge d’officier de bouche dans l’armée et, après quelques campagnes, il s’était amusé à passer la maîtrise de cuisinier. Ensuite, afin de compléter ses connaissances, il était allé deux ans en Italie en vue d’étudier les spécialités limonadières et de confiserie, les glaces et les sorbets, les dragées et les pastilles, et aussi le chocolat.

Audiger :

« C’est à mon retour d’Italie, en 1660, que j’ai eu la bonne fortune de plaire à Sa Majesté, de sorte que mon avenir se trouve désormais assuré. Voici par quel truchement : alors que je traversais la campagne aux environs de Gênes, je remarquai dans les champs d’incomparables petit pois en cosses. Or, nous étions au mois de janvier. J’eus la pensée de les faire cueillir et mettre en caisse et, quinze jours après, étant à Paris, je les présentai au roi, par le moyen de M. Bontemps, son premier valet de chambre. Oui, ma chère, ce n’est pas la peine de me regarder avec de grands yeux. J’ai vu le roi de près et il m’a entretenu avec bonté. Autant que je me souvienne, Sa Majesté était accompagnée de Monsieur, de M. le comte de Soissons, de M. le maréchal de Gramont, du marquis de Vardes, du comte de Noailles et de M. le duc de Créqui. D’une commune voix, ces princes s’écrièrent, après avoir examiné mes petits pois, qu’ils n’avaient jamais rien vu de plus beau. M. le comte de Soissons en écossa quelques-uns devant le roi. Puis, celui-ci m’ayant témoigné sa satisfaction, m’ordonna de les porter au sieur Beaudoin, contrôleur de la bouche, et de lui dire d’en employer une partie pour faire plusieurs plats, l’un destiné à la reine mère, l’autre à la reine et le troisième à M. le cardinal, qui se trouvait alors au Louvre, et qu’on lui conservât le reste, qu’il mangerait le soir avec Monsieur. En même temps, il ordonna à M. Bontemps de me faire donner un présent en argent, mais je le remerciai. Alors Sa Majesté insista et dit qu’Elle m’accorderait ce que je lui demanderais. Deux ans plus tard, ayant réalisé une certaine fortune, je lui demandai l’autorisation d’ouvrir une limonaderie qui distribuerait, entre autres produits, du chocolat. »

p 293

Il dit que, lorsque la chocolaterie serait mise en route, il entreprendrait d’écrire un livre très important sur le métier d’officier de bouche, où se trouveraient tous les renseignements nécessaires aux pages et cuisiniers désirant se perfectionner dans leur art.

Audiger :

« En lisant ce livre, le maître d’hôtel apprendra l’ordre de bien servir une table et d’y ranger les services. De même, le sommelier y verra la manière de bien plier le linge, en plusieurs figures, ainsi que celle de faire toutes sortes de confitures, tant sèches que liquides, et toutes sortes de dragées et autres gentillesses fort utiles à tout le monde. Le maître d’hôtel aura la révélation que, l’heure du repas venue, il doit prendre une serviette blanche qu’il pliera en long et ajustera sur son épaule. Je lui ferai bien remarquer que la serviette est la marque de son pouvoir et le signe démonstratif et particulier de ce pouvoir. Je suis ainsi. Je peux servir l’épée au côté, le manteau sur les épaules, le chapeau sur la tête, mais toujours la serviette doit être placée en la posture que j’ai dite. »

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