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Le complot des ombres

complot des ombres

(Cette jaquette est magnifique 🙂 )

Résumé

Angélique est sortie triomphante du sanglant combat qu’elle a dû livrer contre la duchesse de Maudribourg, cette «démone» armée par de mystérieuses puissances. Mais les révélations qu’Ambroisine a faites avant de mourir rendent plus que jamais nécessaire pour Angélique et son mari un face à face avec l’invisible ennemi. Ils iront offrir la paix au gouverneur du Canada… Pour ce couple fier et orgueilleux, n’y a-t-il pas là un terrible risque ? A-t-on oublié en territoire français que le comte de Peyrac fut condamné à être brûlé comme sorcier et que sa femme, la révoltée du Poitou, a été marquée de la fleur de lys infâmante ?

Citations

Les poisons

L’an dernier, il a réussi à faire arrêter une fort noble dame, sous prétexte qu’elle avait empoisonné son père, son frère, enfin une partie de sa famille… Soit, ce n’est pas estimable, mais si d’être apparenté ne met plus à l’abri des corbeaux aux ongles noirs, alors que vaut la peine d’être né duc ou prince ? Desgrez se vantait de la suivre depuis de longues années, guettant le moment, et qu’il en ferait arrêter bien d’autres, si hauts qu’ils soient. Quelle insolence ! Il ne connaît ni Dieu ni roi.

– Son empoisonneuse a-t-elle été condamnée ?

– Oui ! Le roi n’a pas voulu s’arrêter au fait qu’elle était fille d’un conseiller d’État. Il veut proclamer que nous sommes tous égaux devant le crime. On lui a quand même épargné le bûcher, mais elle a eu la tête tranchée. Une victoire pour votre Desgrez. Mais qu’il prenne garde, il se peut qu’il aille trop loin.

Des milliers d’enfants égorgés ainsi pour obtenir par les maléfices l’amour, la mort, la beauté, la jeunesse, la fortune.

Des milliers de fioles de poison circulant sous le manteau.

Desgrez

« Croyez-vous que vous êtes le premier homme qu’elle a rendu fou, qu’elle aura mené à la potence… ? »

Ce Desgrez est un salaud.

Le vieux terme de la matterie lui revenait aux lèvres alors qu’elle réfléchissait à l’histoire de Bardagne.

À la Cour des Miracles, on l’employait pour désigner un traître, un faux jeton… Mais avec aussi une nuance d’indulgence et d’admiration :

– Un salaud !

– Un salaud, c’était un « mion » qui avait des idées pas ordinaires, disait-on encore à la Cour des Miracles, des idées « qu’on ne savait pas où il allait les chercher », des choses terribles, un génie pour mijoter des mauvais coups. Sournois, impensable, mais dont on ne pouvait pas dire non plus que ce qu’il entreprenait n’était pas de bonne guerre, que ce n’était pas franc-jeu. Un salaud, c’était celui qui savait se défendre et qui faisait flèche de tout bois pour y parvenir.

Si Desgrez intervient, c’est rassurant car il est très efficace, mais c’est aussi inquiétant car c’est la preuve que la situation est dangereuse. Desgrez est toujours intervenu quand cela allait très mal pour elle.

Desgrez, enfin, allait découvrir la charnière qui ferait s’entrouvrir la porte sur la forteresse des crimes. La forteresse était bien gardée. Peuple de la Cour, arrogant, amoral, assuré de ses privilèges, orgueilleux de ses vices, prêt à tout pour les satisfaire et autour duquel gravitait tout un peuple de complices : valets, suivants, confesseurs, commerçants, trop intéressés à se maintenir dans le sillage des grands pour ne pas donner au secret son empire.

Vin

Savez-vous ce que c’est exactement que de cuver son vin ? Moi, je vais vous le dire car je le sais, j’ai longuement séjourné en Bourgogne. Cuver le vin, c’est exactement le mouvement par lequel un jus de raisin rouge donne du vin rouge. On croit communément qu’il suffit de le fouler comme l’autre. Non, alors le jus coulerait blanc. Le raisin rouge n’est pas jeté aussitôt aux fouleurs. Il est égrappé et les grains sont versés dans des cuves où, lentement au cours des jours, la couleur rouge de sa peau va se transmettre au jus en fermentation. On le retournera, on le « chamotera » avec un bâton, l’on prélèvera le jus rouge, couleur de sang, intense, presque noir pour certains crus et seulement ensuite on foulera le reste des grains, l’on mêlera le jus obtenu à son essence pourpre. Que de soins pour parvenir à ces merveilleuses nuances où danse le soleil, à ce goût, personnel, de chaque coteau !

Protestantisme

Pourtant, une conversion, ce n’est pas terrible. Ces gens s’ils veulent être Français, n’ont qu’à suivre les lois. On ne peut laisser l’anarchie s’installer. Diviser le royaume en deux États dont l’un juge son prince et lui refuse obéissance. Si l’on veut détruire le Roi, par quoi le remplacera-t-on ? Les Anglais ont décapité le leur. Voyez où cela les mène aujourd’hui… À en remettre un autre sur le trône.

La Voisin

« Je sais une petite maison à l’angle de la rue des Blancs-Manteaux sur la place Triquet. Loge là, y logeait il n’y a guère, une devineresse du nom de Deshayes-Monvoisin. Elle a encore à La Gravois, du côté du faubourg Saint-Denis, une fort belle demeure et d’autres repaires, et c’est là qu’elle prépare ses filtres et ses poisons. Là aussi que sont égorgés les enfants… »

Le Mal et la religion et l’ignorance

Par contre, le Mal à redouter ne se trouve-t-il pas en ceux qui, sans se démasquer, font courir sciemment ces bruits de terreur afin d’amener l’échec de notre démarche de paix et d’alliance ?

« Sincèrement, n’y a-t-il pas d’autres solutions entre nous que le massacre, la tuerie, la vengeance, œil pour œil, dent pour dent ? Oh ! Marguerite, je connais les Ecritures, je connais mon Évangile. J’ai été élevée par les Ursulines de Poitiers. Je sais qu’il a été dit : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

« Faut-il croire qu’en réalité tout cela ne cache qu’un désir de violence inavouable, d’écrasement, de suppression de l’autre, et rien d’autre ? Que la vérité c’est le désir du sang, comme le désire Satan lui-même ?

« Dites-moi, dites-moi, Marguerite, êtes-vous vraiment persuadée qu’il ne peut y avoir entre nous d’autres solutions que la guerre et les coups de canon ?

Nous devons subir le monde qui nous a été donné sans nous impatienter par trop de ses mystères, si notre faiblesse n’est pas prête à les affronter.

» Souvenez-vous ! Aux siècles derniers, les navigateurs qui se sont lancés sur la Mer des Ténèbres croyaient que l’océan était plat et se terminait par un grand trou dans lequel on basculait. Pourtant ils sont partis, tremblants, vers ce gouffre, mais poussés par leur instinct qui leur soufflait que quelque chose allait se découvrir.

« Et la terre était ronde. Qui aurait pu s’en douter ? Il faut partir si l’on veut savoir.

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